Association Parguel

Paul Parguel : Une vie de foi, de courage et de résistance

Paul Parguel voit le jour à Millau le 7 mai 1899, au sein d’une famille Aveyronnaise de six enfants, imprégnée des valeurs de foi, de dévouement et d’humanité.

 

Marie Fabre, Adrienne et Paul Parguel

Sa mère, Marie, dirige une auberge dans la ville, tandis que son père, Albin Basile, est un ancien tanneur issu des mégisseries millavoises. La famille est confrontée au drame précoce du décès du père en 1902. En 1906, à l’âge de sept ans, Paul fait face à un second deuil avec la mort de sa sœur aînée, laissant sa mère seule pour subvenir aux besoins des cinq enfants restants.

 

Séminaire de Milau, 1915

Il entre d’abord au séminaire de Rodez en 1916 avant de partir vers celui de Montpellier pour être ordonné prêtre le 23 décembre 1923.

 

Inauguration Paroisse St Bernadette

 

 

 

Devenu prêtre, il s’installe à Montpellier où il fonde la paroisse Sainte-Bernadette, érigée en 1938. Visionnaire et profondément engagé, il en fera rapidement un lieu de rassemblement, de solidarité et de paix. Un lieu où chacun peut venir déposer ses peurs, ses doutes, ses blessures. Un lieu vivant, humble et profondément humain.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, l’abbé Parguel refuse de rester spectateur. Guidé par sa conscience et son sens du devoir, il s’engage dans la résistance.

Il protège notamment des personnes persécutées, en particulier des Juifs, en leur fournissant de faux certificats de baptême et en organisant leur mise à l’abri. Ce courage discret mais déterminant finit par attirer l’attention de la Gestapo.

 

Lettre d’arrestation de la Guestapo

Le 8 mars 1944, il est arrêté, accusé d’aider la résistance et d’organiser des parachutages d’armes. Il est arraché à sa paroisse, à ses fidèles, à sa vie. S’ensuivent alors les mois les plus sombres de son existence : l’emprisonnement à Compiègne, puis la déportation successivement à Neuengamme, Dachau, et enfin Ludwigslust, où il sera libéré en mai 1945.

 

Camp de concentration Neuengamme

Là-bas, la faim, la maladie, la violence et la déshumanisation tentent de briser ce que l’homme porte de plus précieux. Mais Paul Parguel reste debout, même quand son corps vacille. Dans les barbelés et la boue, il garde ce qu’on ne peut voler : la foi, l’espérance, et la certitude que la lumière finit toujours par revenir.

Edition 1946










Revenu à Montpellier, affaibli, Amaigri, marqué, transformé, mais vivant, il écrit dès août 1945 son témoignage bouleversant :
* De mon presbytère aux bagnes nazis *.
Ce récit puissant transmet non seulement la mémoire de ce qu’il a enduré, mais aussi la force intérieure qui l’a maintenu debout.

 

Commitée de libération à St Bernadette

Après la guerre, Paul Parguel reprend son rôle au sein de la paroisse Sainte-Bernadette. Il consacre le reste de sa vie à sa communauté, transformant son église et son presbytère en lieux de recueillement, de transmission et d’espérance et en maison de foi.
Aujourd’hui encore, son nom résonne comme une promesse silencieuse :
celle que le courage existe, même quand tout semble perdu.
Celle que la bonté peut changer une vie.
Celle que la lumière finit toujours par renaître

« Voici l’histoire d’un prêtre, d’un résistant, d’un homme : celle d’une foi qui refuse de mourir, même au cœur de l’enfer. »

 

 
 
l'Abée Paul Parguel, 1899 - 1938

La libération et le retour

Libéré du camp de Ludwigschluz, il entreprend un long rapatriement en mai 1945.
Dans son livre « De mon presbytère aux bagnes nazis » (publié en 1946 et réédité en 2014), il raconte ce retour, la fatigue écrasante, les routes détruites, mais aussi les moments d’espérance retrouvée.

Dans un village allemand proche de la frontière hollandaise, il célèbre sa première messe en liberté, au matin de l’Ascension, le 13 mai 1945, devant ses camarades déportés. Tous communient, certains pour la deuxième fois de leur vie.
Le passage en Hollande, puis en Belgique, se fait sous les acclamations, témoignage bouleversant de solidarité et d'émotion collective.

Sa seconde messe, il la célèbrera dans son église bien-aimée de Sainte-Bernadette.

Un homme de bien jusqu’au bout

Revenu profondément marqué mais jamais brisé, le Père Parguel reprend au plus tôt son ministère. Il retrouve sa paroisse, sa jeunesse, et poursuit son œuvre malgré les séquelles physiques et psychologiques laissées par les camps.

Il reste jusqu’à sa mort un homme de bonté, de paix, de charité concrète et lumineuse. Beaucoup se souviennent de lui comme d’un prêtre profondément humain, dont la résilience silencieuse inspirait respect et admiration.

Sa mort et son inhumation

Le Père Paul Parguel s’éteint le 17 mars 1960.
Fidèle jusqu’au bout à la communauté qu’il avait servie, aimé pour son courage et son cœur, il est enterré dans sa paroisse Sainte-Bernadette, à Montpellier, à côté du presbytère.

Ses successeurs à la paroisse (depuis 1960)

  • Pierre Martin – 1960

  • Henri Maccabies – 1972

  • Jean Nauthon – 1979

  • Michel Bertès – 1986

  • Jacques Bétoulières – 2011

La mémoire du Père Paul Parguel demeure vivante, non seulement dans son livre, mais surtout dans les cœurs de ceux qu’il a guidés, protégés, soutenus, et aimés.

Paul Parguel, 1938 - 1944; Déportation, Retour