Histoire et héritage
Aux origines
Avant la Seconde Guerre mondiale, le quartier ne ressemblait en rien à celui que nous connaissons aujourd’hui. C’était une zone rurale et modeste, composée de petites maisons de campagne, les mazets, et de bâtiments agricoles. Les familles vivaient essentiellement du travail de la terre. Pour aller à la messe ou au catéchisme, il fallait alors se rendre jusqu’à la cathédrale de Montpellier.
Face à la croissance de la population, l’évêque de Montpellier, Mgr Gabriel Brunhes, décide en 1933 d’édifier une petite chapelle dans le quartier des « Quatre-Seigneurs ». Il confie la nouvelle paroisse à l’abbé Comte, sous la protection de Saint Benoît d’Aniane et de Saint Christophe.
Mais l’essor du quartier est rapide : on compte bientôt une centaine de premières communions et plus de quarante baptêmes. Il devient urgent de voir plus grand. Une souscription est lancée en 1935, puis un jeune prêtre arrive : l’abbé Paul Parguel. Dynamique et déterminé, il relance le projet, convainc l’évêque et choisit un terrain proche de l’hôpital Saint-Éloi. Profondément attaché à la Vierge Marie et attentif à la présence des malades, il donne à la paroisse un nouveau nom : Sainte-Bernadette.
1. La petite église
La construction de la première église commence pendant la Seconde Guerre mondiale. L’architecte, le bénédictin Dom Bellot, est célèbre pour ses nombreuses réalisations religieuses, dont l’abbaye de Vanves et le cloître de Solesmes. À Montpellier, il avait déjà conçu l’ancien couvent des Dominicains des Tourelles.
Conscient du contexte modeste, il imagine un édifice simple et lumineux. La chapelle Sainte-Bernadette est bénie le 27 octobre 1940, en présence de toute la communauté catholique de la ville, des pèlerins de Lourdes, des malades de l’hôpital Saint-Roch et des mouvements d’Action Catholique.

Les paroissiens s’impliquent pleinement : nombre d’entre eux participent aux travaux, et l’Enclos Saint-François réalise la menuiserie. L’architecture, sobre et avant-gardiste, annonce les constructions modernes de l’après-guerre. L’intérieur, dépouillé, ne comporte que deux statues : la Vierge et Sainte Bernadette, sculptées par Henri Charlier.
D’une capacité d’environ 200 personnes, la petite église offre un climat familial et chaleureux. Aujourd’hui encore, on peut venir y prier à tout moment, y déposer une intention, et y assister à la messe du mardi au samedi. Une célébration spéciale est organisée chaque mois pour les malades.
Le saviez-vous ?
L’actuel cinéma Utopia faisait à l’origine partie de la paroisse : une salle d’une soixantaine de places prolongait autrefois l’église et accueillait réunions, spectacles et activités paroissiales.
2. Le presbytère
La maison que l’on voit encore aujourd’hui existait déjà avant l’achat du terrain destiné à la paroisse. Dès 1939, elle devient le presbytère où s’installe l’abbé Parguel.
Lorsque la guerre éclate, réformé pour raisons de santé, il transforme immédiatement la maison en refuge. Avec l’aide des habitants, il distribue de fausses cartes d’identité aux personnes menacées, conseille spirituellement un groupe de résistants et contribue à la diffusion du journal clandestin Témoignage Chrétien.

Le 8 mars 1944, il est arrêté par la Gestapo, dénoncé par le fils d’un paroissien résistant. Torturé et emprisonné à Montpellier, il est envoyé au camp de concentration de Neuengamme. Il y soutient ses compagnons jusqu’à son retour en mai 1945.
Son engagement illustre la parole de l’apôtre Paul :
« Il n’y a plus ni juif ni grec… car tous, vous ne faites plus
qu’un dans le Christ Jésus. »
3. La grande église
À son retour en 1945 , l’abbé Parguel poursuit son ministère avec une force renouvelée. Son apostolat se recentre sur l’essentiel : le Christ, les jeunes, les malades, les plus fragiles.

Face à l’affluence grandissante, il entreprend en 1958 la construction d’une église plus vaste. Fidèle à sa vision, il veut un lieu simple, modulable, vivant :
un grand espace unique pour les messes, les rassemblements, les fêtes paroissiales. Un rideau permet de délimiter le chœur lorsque nécessaire. Une véritable « maison du peuple de Dieu ».
Tout le quartier participe : l’abbé Galtier installe lui-même l’électricité. Dans les années 1960, la transformation du quartier – arrivée des universités et des hôpitaux – conduit à l’ajout d’un étage pour l’aumônerie étudiante et d’un foyer pour les familles des hospitalisés.
4. La grotte
Très attaché à Marie, Paul Parguel souhaite offrir aux malades qui ne peuvent aller à Lourdes une véritable « journée des malades ». Il fait alors construire, dès son retour de déportation, une grotte adossée au presbytère. Elle est achevée en 1951.
Chaque 11 février, une foule nombreuse s’y rassemble pour la messe et la procession, rappelant les célébrations de Lourdes.

Avec le temps, la grotte s’abîme. Une nouvelle, plus solide et tournée vers la nouvelle entrée, est édifiée en 2018. Conçue pour évoquer Massabielle, elle accueille un autel en orgues basaltiques de l’artiste Alain Dumas, un quartz lumineux symbolisant le Christ, et douze traits d’or pour les apôtres.
Aujourd’hui, la grotte demeure un lieu de prière, de célébrations extérieures et de recueillement continu.
5. Le foyer et l’école de mission Capmissio
À droite de la grande église, le bâtiment construit en 2015 abrite le foyer étudiant Sainte-Bernadette ainsi que l’école de mission Capmissio, fondée par Mgr Carré et le Père René-Luc.

Inspirée de Saint Jean-Paul II, Capmissio affirme : « Les jeunes sont les meilleurs apôtres des jeunes. »
Chaque année, des 18–26 ans y vivent une année de formation fondée sur quatre piliers : prière, communauté, enseignement et mission.
Huit promotions et plus de 70 jeunes ont déjà été formés, beaucoup poursuivant aujourd’hui un engagement missionnaire
6. La stèle du souvenir
Le parcours s’achève devant la stèle où repose l’abbé Parguel.
Après la guerre, il avait œuvré pour construire un monument à la mémoire des déportés. Chaque année, une messe y était célébrée.
En 1960, lors de ses obsèques rassemblant plus de 5 000 personnes, il est inhumé dans ce monument. Mais les travaux du tramway et la réorganisation du site conduisent en 2021 à la création d’une nouvelle stèle, moderne et visible depuis la rue Pezet. Le corps de l’abbé Parguel y est transféré.

La stèle, composée de trois vitres, reprend les inscriptions anciennes et présente une image du père Parguel en style pochoir. Les barbelés – symbole des camps – s’élèvent et se transforment en colombes : un message de paix, de vie plus forte que la mort.
7. La salle d’œuvre
Après la construction de l’église, c’est une salle d’œuvre qui voit le jour. Elle servira à recevoir les paroissiens. Le Père Parguel décide de construire une salle qui prolonge ce bâtiment. C’est une pièce en longueur qui voit le jour. Pouvant contenir une soixantaine de personnes. Au fond de la pièce est aménagée une scène de théâtre. Cette salle sera dédiée à rassembler les paroissiens lors des différentes activités.
8. Le Jardin
A l’origine il s’agissait d’un terrain en friche qui servait de parking. En 2016, le lieu va devenir un jardin dans lequel vont se dérouler les activités de plein air de la paroisse.
En fin d’année, la kermesse qui vient clore la fin d’année pastorale occupe le lieu pour la plus grande joie des petits et des grands.
Châteaux gonflables, jeux, scène ouverte se mêlent à l’odeur des saucisses grillées et des crêpes… Pour la semaine sainte, on y fait le chemin de croix et des messes en plein air peuvent s’y dérouler.
Au centre la statue du sacré coeur de Jésus nous accueille à bras ouvert. Il vient nous dire tout l’amour qu’il a pour nous. Au fond du jardin nous pouvons découvrir une petite roseraie avec la statue de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.
Conclusion : Aujourd’hui
En marchant dans la Cité Sainte-Bernadette, vous suivez les pas d’un prêtre, d’une communauté, d’artistes et de bâtisseurs qui ont œuvré pour un même but : permettre à chacun de rencontrer le Christ.
Aujourd’hui, la paroisse compte près de 60 groupes actifs, des propositions pour tous les âges, et une vie communautaire vibrante. Les célébrations et événements attirent bien au-delà de ses frontières.
Fidèle au désir de son fondateur, la Cité Sainte-Bernadette garde une mission centrale : mettre Dieu en premier, pour le bien de tous.







